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Vecteur transversal - Bien-être, écologies et société technicienne

Ce vecteur transversal viendra, en tant que paradigme, éclairer en faisceaux, complexifier, interroger, alimenter, se confronter, décliner et renforcer les 3 autres axes transversaux. Nous le plaçons dans cette position première en raison de :
  1. son aspect novateur
  2. conséquemment, son très fort potentiel en termes de recherches transdisciplinaires et de possibilités de financements extérieurs en SHS à l’horizon 2020. Il permettra en outre d’intégrer le projet récent de l’équipe sur les pratiques alimentaires. Il n’a en revanche nullement fonction à renvoyer les 3 autres axes dans une position seconde.

Définition et objectifs
Jacques Ellul a analysé et théorisé en profondeur le système technicien en parvenant à démontrer que le seul avenir viable pour la société humaine consistait en l’arrêt d’un « progrès » illusoire, car synonyme d’aliénation. Dans notre monde en constante évolution, globalisé, l’ensemble des individus et des sociétés hyper-connectés, à la fois intimement liés et confrontés à une technicité toujours plus présente et performante, ressentent la nécessité d’un examen réflexif dans le sens d’un bien-être à reconquérir ou à préserver. Il ne s’agira pas de promouvoir un retour à un état supposé originel, paisible et « naturel », mais de penser, dans le sens d’une plus grande satisfaction individuelle et collective, les améliorations possibles de nos quotidiens contemporains et des systèmes qui les façonnent. L’écologie culturelle encourage déjà la préservation d’espaces-temps dédiés à la contemplation, prélude nécessaire au sentiment de bonheur.

Les sociétés consuméristes imposent une synonymie entre « être bien » et « avoir des biens » que l’exigence d’aliments de qualité, de nouveaux mode de consommation partagés ou parfois même le refus de manger, entre autres exemples, viennent contester de manière tenace.
L’approche transculturelle permettra d’apporter, par l’examen des textes au sens large, des réponses, analyses ou suggestions dans les domaines de :

  • L’environnement, en ce qu’il détermine de manière fondamentale la condition humaine et n’a jamais été aussi gravement mis en péril. Dans un contexte culturel mondialisé, les idées circulent, et se répondent d’un côté à l’autre des clôtures censées enfermer les mondes en eux-mêmes. L’écocritique rend compte de la façon dont les écrivains savent, très diversement, interroger la manière d’habiter le monde. Les idéologies voyagent, la géographie et les écologies s’écrivent, tandis que des récits de science-fiction peuvent se révéler, à distance de quelques années ou décennies seulement, comme autant de fulgurances visionnaires ou de justes pressentiments. Les humanités numériques se proposent, quant à elles, de mettre à disposition de tous les clefs du savoir.
  • La santé et le bien-être seront pensés dans le contexte des nouvelles technologies, de leur migration, dans leur confrontation perpétuelle au paradigme efficacité-rendement-croissance-répétition. Le temps est une valeur que nos sociétés techniciennes ont fait leur, l’immédiateté généralisée des réponses attendues remettant en cause la hiérarchie même des urgences, des valeurs et la faisabilité du travail.
  • L’alimentation joue elle aussi un rôle de tout premier ordre dans le bien-être, source de contentement par la satisfaction du besoin et des désirs, de créativité, source également de risques sanitaires et de privations, preuve incontestable de la circulation des goûts et des imaginaires et de l’inéquitable répartition des richesses. L’eau virtuelle jouera bientôt dans cette cartographie du monde un rôle inédit. De cette révolte contre une logique technico-économique excessive naissent des projets de sociétés réflexives, inclusives et innovantes qui placent la qualité de vie individuelle et collective au coeur de leurs préoccupations. Ces projets pourront eux-mêmes, par les textes sources et en écho avec d’autres aires géographiques, être analysés.