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  • [hal-02406119] Le couvent chrétien en terre d'Islam : un lieu de protection partagée
    17 décembre 2019
    Si les Chrétiens d'Orient subissent, de nos jours, des déplacements massifs et des exécutions sommaires, comme leurs collègues musulmans de tout bord et de toutes doctrines, au nom d'une interprétation barbare d'un texte qui se prête à toutes les manipulations interprétatives possibles et imaginables ; il fut un temps où ces Chrétiens, en terre d'islam, à travers leurs diyârât 1 (sing. dayr) (monastères, couvents), furent à la fois une source de plaisir et d'art de vivre pour leurs hôtes Musulmans : califes, qâdîs et autres dignitaires de cette terre d'islam. Notre dessein dans cet article est double : montrer l'acceptation de l'autre, minoritaire, dont la foi est différente mais aussi concurrente, à l'intérieur d'un lieu dont l'espace est limité, réservé et fragile ; et montrer comment les maîtres de Dâr al-Islam avec l'immensité de leur territoire et la puissance de leur pouvoir ont su savourer ces moments que les propriétaires de ces lieux leur ont procuré. Etre hôte, cela implique, de façon implicite, la reconnaissance des règles et des us et coutumes du propriétaire des lieux. En contre partie une protection, elle aussi implicite, de ces lieux et de leurs personnes s'impose. Ainsi, le couvent devient, au Moyen-âge un lieu de villégiature, où les dignitaires musulmans trouvent refuge dans ces lieux isolés et préservés à l'intérieur de l'Empire, pour un moment, loin de la réalité qu'impose la vie quotidienne. Ainsi, le couvent chrétien (dayr) a constitué, au Moyen-âge, le cadre d'accueil d'une activité littéraire dont les récits et les poèmes sont rassemblés dans des anthologies portant le nom de Kutub al-Diyârât (Les Livres des Monastères). Cette production littéraire décrit des séjours effectués par des Musulmans dans cette institution religieuse, dans le but de se divertir. Elle met en scène une élite 1 Dans la langue arabe, le couvent chrétien porte le nom de « Dayr », un terme d'origine syriaque, souligne D. Sourdel. Il s'applique « aux couvents qui subsistèrent, dit-il, en Orient après la conquête arabe. (EI 2 , art. «Dayr») Tandis que pour abîb al-Zayyât, ce terme « est d'origine araméenne signifiant : maison (dâr).» (Al-Diyârât al-nasrâniyya, Dâr al-Mashriq, Beyrouth, 1999, p.18).
  • [hal-02377651] Le mouvement pour une renaissance littéraire irlandaise dans la Chine des années 1920: étude d'une réception
    25 novembre 2019
    Le Mouvement pour une renaissance littéraire irlandaise est introduit en Chine dès le début des années 1920, au travers des dramaturges qui le représentent, mais il sert plus particulièrement de référence à un groupe, le Guoju yundong, ou Mouvement pour un théâtre national, actif dans les années 1920 et dont le rôle sera essentiel dans la mise en place d’un théâtre moderne en Chine. Ce sont les premières années (1899-1910) du mouvement irlandais qui intéressent plus particulièrement les promoteurs du Mouvement pour un théâtre national, Yu Shangyuan, Wen Yiduo et Zhao Taimou, celles qui voient la rencontre de Lady Gregory, Douglas Hyde et W.B. Yeats, la création à Dublin de l'Abbey Theatre et la naissance du Théâtre national irlandais, avec la production des œuvres de J. Synge, P. Colum, W. B. Yeats et Lady Gregory, car c'est cette période du mouvement qui présente le plus de points communs avec leur analyse de la situation chinoise. La réception du Mouvement pour une renaissance littéraire irlandaise par le Mouvement pour un théâtre national représente non seulement un cas d’école en matière de réception du fait de la confrontation avec des mémoires et des récits qui vise à un échange, une rencontre transcendant les particularismes mais aussi du fait de la nature de l’art dramatique qui n’existe pas sans destinataire et dont l’objet est, littéralement, de faire agir la littérature. L’objet de cette intervention est donc de mettre au jour les modalités de cette réception en confrontant les deux mouvements.

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