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Axe 1 - Genre, identités, intersections

L'axe du genre porte sur un champ disciplinaire en plein développement, auquel, pourtant, les institutions universitaires et de recherche opposent en France une certaine résistance. Étudier le genre consiste à prendre en compte la différence sexuelle, en raison de son intérêt intrinsèque, mais aussi pour analyser les rapports de pouvoir qu’elle subit ou met en oeuvre. Il s’agit avant tout de penser la relation entre les sexes comme le résultat d’une construction sociale (nationale, transnationale) et non comme le produit d’un déterminisme biologique. Pour cela, l’analyse ne se limite pas à l’étude d’« un » sexe, mais porte sur les relations, en perpétuelle reconstruction dans un monde en mutation, qui définissent l’ensemble des identités sexuelles et genrées.

Le genre se trouvant lui-même à l’intersection d’autres rapports de pouvoir, les catégories de sexe ne sont pas homogènes. Elles sont animées par de multiples tensions et facteurs, par exemple la classe sociale, la « race », ou l'âge, mais aussi la circulation mondiale d’images et de schémas de construction.
Construction sociale, approche relationnelle, rapport de pouvoir et articulation avec d’autres clivages sont les quatre dimensions que les études sur le genre examinent pour révéler :
  1. les pratiques et le système souvent hiérarchisés entre les sexes (hommes/femmes)
  2. les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). Cette dimension normative qui fixe les identités en deux catégories exclusives (hommes/femmes) a cependant été dénoncée pour permettre à la frontière trop nette entre ces deux catégories de sexe d’être abolie et à l’identité sexuelle d’être appréhendée dans toute sa diversité. La perspective transculturelle ne peut qu’enrichir les études sur le genre, elles-mêmes transdisciplinaires dès le départ.

Cet axe de recherche se propose donc d’examiner la différence sexuelle au sens large, au sein de cultures et de nations différentes, et de promouvoir la réflexion à la fois sur les pratiques dans la vie de tous les jours et les représentations sexuellement codifiées. Les transferts culturels y tiendront bien sûr une place de tout premier ordre, mais les champs d’investigation sont en réalité illimités : discours sur le genre, discours féministes, pratiques de corps et de sexualité, prostitution, maternité, mais aussi pratiques d’écriture et réception des oeuvres, éducation, travail, voyages, genre et nation, pratiques et représentations artistiques, images, autant de sujets qui, soumis à l’analyse de la différence sexuelle dans une approche transculturelle, participeront à une meilleure définition, parce que nécessairement plurielle, des identités et de la modernité.